Stratégie RSE vs Stratégie d’Impact…même combat ? 1

Stratégie RSE vs Stratégie d’Impact…même combat ?

Vers une contribution à la société et à l’environnement

 

Le Contexte :

Les critères sociaux et environnementaux prennent une part de plus en plus centrale dans les actes d’achats et d’épargne des particuliers. En témoigne l’impressionnante croissance du marché des produits alimentaires biologiques, +16% en 2017[1].

Face à des clients en recherche de transparence et d’éthique, les entreprises et les investisseurs semblent accorder une place centrale aux performances extra-financières et à l’engagement social et environnemental.

Les gestionnaires de fonds privés, investisseurs institutionnels et gouvernements ont ainsi élargi leur offre de produits financiers responsables ou à impact positif (obligations vertes, contrat à impact social,…) Le secteur de l’impact investing (investissement à impact positif) progresse de 18% par an[2].

De même, alors que la responsabilité sociétale des entreprise (RSE), était encore confidentielle il y a quelques années, elle est aujourd’hui incontournable.

 

Le Problème :

Fortes convictions, contrainte légale, communication, … les motivations des entreprises sont diverses, leurs niveaux d’engagement aussi. Le consommateur craint le greenwashing et se demande comment apprécier le niveau d’impact réel d’une organisation ?

 

La proposition :

L’Impact Management Project (IMP) a développé une grille de l’engagement pour répondre à cette question. Cet outil permet de classer les entreprises selon leur contribution aux enjeux sociétaux et environnementaux.

 

En voici un extrait[3] :

Grille de l'engagment - Impact Management Project

 

On comprend que la RSE est adaptée aux entreprises qui veulent éviter d’avoir des impacts négatifs. Une entreprise qui veut améliorer sa contribution à la société et à l’environnement se tournera quant à elle vers la mesure d’impact.

 

Et concrètement, comment ces différences se traduisent-elles en termes…

 

D’intention

Les « entreprises engagées » ont une « mission » d’utilité sociale ou environnementale, souvent décrite dans leurs statuts.  Elles réinvestissent leurs profits afin de générer un bénéfice social ou environnemental, tout en assurant leur viabilité financière.

Les « entreprises traditionnelles » sont caractérisées par une recherche du profit. Il n’est donc pas étonnant que leur stratégie RSE soit pilotée par les retombées financières : image de marque, réduction des coûts, diminution du risque légal…
En effet, au-delà d’une certaine taille, la loi impose aux entreprises de fournir un certain nombre d’informations qui couvrent les thèmes sociaux, environnementaux et les engagements sociétaux de l’entreprise.

La RSE c’est souvent une obligation, l’impact positif c’est un choix

 

De priorités

Les ressources et le temps sont limités, il faut donc prioriser les impacts les plus significatifs.

Les informations RSE couvrent généralement une palette d’informations standardisée (consommations d’énergie, de matières premières recyclées, …), elles sont duplicables d’une entreprise à l’autre et ne reflètent pas l’impact – négatif comme positif – le plus représentatif de la structure.

Au contraire, les « entreprises plus engagées » priorisent les actions qui génèrent le plus d’impact positif ou qui réduisent au maximum l’impact négatif. Elles privilégient ainsi l’optimisation de la valeur générée, pour l’environnement et des parties prenantes particulièrement vulnérables.  C’est pourquoi la génération d’impact est un indicateur clé de leur modèle de pilotage opérationnel.
Par ailleurs elles ne mesurent que ce qui est matériel à l’entreprise. Cela constitue le 3ème des « 7 principes de valeur sociale » établis par Social Value International. La mesure d’impact renvoie ainsi une image réaliste et honnête de l’impact du projet, et permet une prise de décisions informée des parties prenantes.

 

Prenons un exemple
L’entreprise Tapioca (fictive) propose une plateforme de services d’optimisation de fret. Grâce au service offert les clients peuvent réduire leur émission de Gaz à Effet de Serre (GES) en minimisant les kilomètres à vide. Les réductions de GES imputables à l’opération de Tapioca sont 10 fois plus importantes que les émissions totales de l’entreprise, digital compris.

Une « entreprise engagée » visera en priorité à poursuivre cette réduction de GES à travers l’intégration du bilan carbone dans son offre de frets. Elle va jusqu’à modifier son offre car c’est son levier d’impact le plus important.

Une « entreprise traditionnelle » qui suit une démarche RSE pourrait se diriger vers la diminution d’autres impacts moins significatifs comme l’impact de la consommation d’énergie de son parc informatique.

 

De contribution

Quand on parle d’impact, on entend « la transformation générée par les activités d’une organisation sur les personnes et l’environnement ». En d’autres termes, la contribution de l’entreprise à cette transformation.

Pour une entreprise engagée il est indispensable de mesurer sa contribution par rapport au « point de référence », qui correspond à la situation sans l’existence de l’organisation.

Pour mener à bien cet exercice, elle explicite les liens entre toutes ses activités et son impact, afin de mieux l’apprécier et l’améliorer. C’est la théorie du changement, que nous expliquerons dans un futur article. En effet l’impact peut être généré sur toute la chaîne de valeur d’une entreprise, de ses produits et services, à sa supply chain ou ses opérations.

Une entreprise traditionnelle menant une stratégie RSE a quant à elle l’objectif de passer dans le meilleur des cas de l’impact négatif à un impact ou une contribution nuls.

 

 

En conclusion, toutes les entreprises ont des effets sur les femmes, les hommes et la planète, positifs et négatifs, intentionnels ou non. Elles ne peuvent pas « compenser » ces impacts positifs et négatifs. Cette logique n’est applicable qu’à l’exception des émissions carbone. 

Mais, une organisation qui a des activités diverses, ne peut-elle pas figurer dans plusieurs catégories de la grille de l’engagement à la fois ? La réponse est non. Pour situer le niveau d’engagement d’une entreprise nous prendrons en compte sa contribution la plus importante.  

Ainsi, un groupe pétrolier qui investit dans les énergies renouvelables restera un acteur aux impacts négatifs majeurs et ne figurera dans aucune de nos 3 catégories d’engagement. A l’inverse, la société Tapioca, prise en exemple ci-dessus fait partie des organisations qui servent positivement les intérêts de leurs parties prenantes.

 

Et vous, où vous situez-vous dans la grille de l’engagement ?

 

Vous souhaitez effectuer un pivot de stratégie vers davantage d’engagement ? Félicitations ! Impact Track peut vous accompagner dans cette démarche.

 

 

[1]  Source Agence Bio

[2] Source Global Impact Investing Network

[3] Cet extrait ne prend pas en compte les entreprises qui ont un impact négatif significatif, comme les secteurs pétrolier ou du tabac

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