Lab’Elles - la mesure d'impact comme porte-parole des jeunes filles   1

Lab’Elles – la mesure d’impact comme porte-parole des jeunes filles  

Loïc CHASSON, coordinateur des éducateurs de rue pour Sauvegarde 26 à Romans-sur-Isère partage l’expérience de mesure d’impact de L’ab’Elles. 

Pour découvrir la page d’impact de Lab’Elles en temps réel, c’est  ici

Loïc, pouvez-vous nous expliquer le projet Lab’Elles en quelques mots ? 

A Roman-sur-Isère, nous avons remarqué que dans certains quartiers, nos actions n’atteignaient pas les jeunes filles – avec une moyenne de 1 fille pour 8 garçons. Peu présentes dans l’espace public, elles sont pourtant particulièrement confrontées aux problématiques de décrochage scolaire, d’insertion professionnelle voire de marginalisation.  A l’issue d’un diagnostic, nous avons créé le Lab’Elles en 2015. C’est un lieu spécialement conçu pour et par elles. Les filles de 12 à 22 ans y viennent pour échanger sur différents sujets ou pour du soutien scolaire.
Aujourd’hui nous avons une éducatrice dédiée au projet grâce au soutien de BreakPoverty Fondation. 

« … nos actions n’atteignaient pas les jeunes filles – avec une moyenne de 1 fille pour 8 garçons… »

Qu’est-ce qui vous a motivé à entamer une démarche de mesure d’impact ? 

Cette démarche est nécessaire pour garder le sens de ce qu’on fait et pour nous améliorer. Nous devons bien entendu également rendre des comptes à nos partenaires et financeurs.  

Nous avions déjà cette initiative de prendre du recul sur nos actions, l’opportunité d’utiliser un outil comme Impact Track était un moyen d’améliorer et de faciliter cette démarche. 

Au début c’est vrai que nous avions peur que des chiffres ne traduisent pas la parole des jeunes, mais c’est le contraire ! 

« Au début c’est vrai que nous avions peur que des chiffres ne traduisent pas la parole des jeunes, mais c’est le contraire ! »

Comment avez-vous réussi à embarquer les jeunes filles 

Une fois nos objectifs et indicateurs définis, nous nous sommes concentrés sur la préparation de la phase de collecte des retours. Avec l’aide de Break Poverty Fondation, de Ricardo d’Impact Track et des filles que nous accompagnons, nous avons testé et corrigé les questionnaires, pour s’assurer que les questions sont à la fois pertinentes et bien comprises. Il a fallu trouver les bons mots. 

Et ça a marché, nous avons eu un taux de retour important ! Nous avons sondé les filles actuellement dans le Lab’Elles mais aussi celles que nous avons accompagnées depuis le début, 91 en tout. 

Nous regardions les résultats avec elles en temps réel, c’est graphique, elles visualisent. Ça permet d’objectiver, de nous conforter parfois mais aussi de réorienter les actions qui fonctionnent moins. Par exemple, nous avons pu repenser avec elles un atelier cuisine-santé qui apparaissait inadapté, pas assez facile et avec des ingrédients trop chers. Les solutions émanent des jeunes, c’est important.  

Que retenez-vous de cette expérience ? 

Nous sommes très satisfaits et fiers de partager nos résultats !
La plateforme a été un vrai support dans le dialogue avec les filles que nous accompagnons mais aussi avec nos partenaires. Ensemble nous avons co-construit la feuille de route de Lab’Elles. Nous avons aussi pu objectiver notre impact à long terme sur la confiance en soi et la libération de la prise de parole chez les filles accompagnées. Ça a rassuré l’équipe. 

Nous avons avons réussi mettre en lumière la part invisible de notre travail en moins de 2 minutes lors d’une présentation pour le département. Ça a motivé les partenaires à dire “on y retourne » ! La “page d’impact” est un support de communication efficace.  

Et la suite ? 

Nous atteignons nos objectifs et nos enjeux évoluent. Aujourd’hui nous cherchons à accueillir de nouvelles filles et monter une junior association. Nous voulons pérenniser les fonds à plus long terme. 

Pour ce qui est de la mesure d’impact, les chiffres mettent en lumière des phénomènes, que nous voulons aller creuser avec des méthodes complémentaires et plus qualitatives. Nous envisageons aussi d’aller plus loin en sondant également les partenaires (commerçants et entreprises) et les parents. Nous voulons bâtir des ponts et des liens entre tous les acteurs. 

Et pour finir, quel serait votre message à ceux qui hésitent à franchir le pas ? 

Allez-y, prenez les devants ! Il ne faut pas avoir peur ! Au contraire, utilisez cette démarche pour améliorer votre travail, votre impact social et placer vos « bénéficiaires” comme principaux acteurs de leur projet.

Vous aurez ainsi une longueur d’avance et serez d’autant plus proactifs dans les décisions impactant l’avenir de votre projet.  

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